mardi 17 avril 2018

mardi 17 avril - alerte agenda ! "pars en thèse jazz", le dernier opus de frédéric viale...

Il y a quelques semaines, Françoise et moi, chacun pour sa part, nous avions répondu favorablement à un appel à contribution de Frédéric Viale en vue de la réalisation d'un projet d'album. Son cinquième, après :

- "Paradise", 2006
- "Lames latines", 2008
- "La belle chose", 2013
- "Les racines du ciel", 2016. 

Un ensemble qui suscite le respect et, en ce qui nous concerne, admiration et enthousiasme pour la qualité de cette œuvre. Enthousiasme décuplé par le plaisir que nous avons eu à deux reprises d'écouter Frédéric en direct live, à Tulle et à Castres. Et c'est ainsi, grâce à nos contributions, que nous avons reçu ce lundi matin deux exemplaires de "Pars en thèse jazz ", un titre quelque peu énigmatique, un titre à double fond de nature à exciter notre curiosité et à récompenser notre patience.

Le disque précédent avait pour titre :"La belle chose". Celui-ci pourrait à bon droit être qualifié de "bel objet". La pochette, le graphisme de la couverture, les couleurs choisies sombres et éclatantes, le livret de présentation, tout "sent" l'exigence de qualité et de travail bien fait. En tout cas, exigence de créer un bel objet culturel. Aux antipodes de la musique au mètre à l'instar des pizzas les soirs de week-end. Une exigence constante dans le parcours artistique de Frédéric Viale, comme le montre la liste des collègues qu'il a rassemblés autour de lui pour chacune de ses créations. Par exemple, E. Cisi, J.-M. Ecay, D. Imbert, A. Ceccarelli, N. Veras, N. Neto, Z. Desiderio, etc...

C'est ainsi donc que depuis lundi matin dès que cela est possible, nous découvrons les onze titres du dernier album de Frédéric. Une première écoute qui nous confirme dans l'admiration que nous lui portons. Ce qui n'est pas peu  dire.

Cet album est le fait d'un quintet ainsi constitué : F. Viale, accordéon Pigini, E. Cisi, saxo ténor,  Humberto Amesquita, trombone, Aldo Zunino, contrebasse, Adam Pache, batterie. D'évidence, c'est une vraie complicité qui les unit, simplicité manifeste dans la manière dont s'articulent les différentes interventions des uns et des autres. D'évidence, ils ont une vision commune de ce qu'est le jazz entre organisation rigoureuse et improvisation contrôlée.

D'autre part, les onze titres se répartissent en sept compositions originales de Frédéric et quatre titres d'autres compositeurs :

- "From Day to Day" de Mulgrew Miller
- "Deep in a Dream" dans la version de Sonny Clark
- "Sous les ponts de Paris", le célèbre standard français de V. Scotto
- "Song for Abdullah" de Kenny Baron.

Je dois reconnaitre que, hormis "Sous les ponts de Paris", les autres noms de compositeurs me sont inconnus. J'y vois la preuve que  Frédéric a fait un vrai travail d'appropriation de morceaux de jazz, un travail en profondeur aux antipodes d'une démarche d'emprunts faciles et de références usées et sans surprises.

Cette notion d'appropriation, à la réflexion, me parait même être le fil rouge de l'album. Un travail inspiré par une connaissance personnelle approfondie et intime de la tradition du jazz. C'est ainsi que l'album est, pour ainsi dire, sous l'influence du jazz comme culture, comme principe de création, comme rapport au monde.

Du coup, mon impression dominante à l'écoute des onze titres, c'est un sentiment d'authenticité, d'engagement au service de la défense et illustration du jazz. Authenticité et engagement personnel, deux notions qui vont très bien ensemble. La prise de risques comme philosophie. Deux notions qui, chemin faisant, expliquent la formidable unité des membres du quintet. Un travail d'exigence esthétique et morale. Faire le choix du jazz n'est en rien anodin et accessoire.

Un mot encore : les onze titres ont une durée totale de 65:33. Ils se répartissent entre le titre 5, "Ole", 3:57 et le 1, "Vendredi 13", 7:30. Une répartition temporelle que je trouve fort équilibrée.

Enfin ! Dernière observation. Si je devais qualifier le climat ou la couleur de cet album, c'est le mot "intimiste" qui me viendrait à l'esprit. Avec une tonalité mélancolique, de rêverie. Caractéristique plus fréquente qu'on pourrait le croire de la musique sud-américaine. Une musique qui privilégie l'âme sur la virtuosité technique. C'est pourquoi elle nous émeut si intensément. Economie de moyens et recherche obstinée, inlassable, permanente de la note juste !

Tout me porte à penser que cet album devrait trouver une belle reconnaissance !

dimanche 15 avril 2018

dimanche 15 avril - vous avez dit soixante-quinze ?

Comme je l'ai dit dans mon article précédent en date du mercredi 11 de ce mois, la semaine dernière nous avons quitté nos pénates palois pour rejoindre Toulouse et assister au concert, salle Nougaro, du "Quarteto Gardel". En fait, nous sommes partis mercredi après-midi et revenus vendredi en fin de matinée. On a profité de ce court séjour pour aller voir jeudi après-midi les œuvres actuellement exposées au musée des Abattoirs, un lieu tellement actuel, dynamique et toujours surprenant. Un lieu culturel par définition.

Donc... Sur le coup de 14 heures, nous nous sommes présentés à l'accueil. Beaucoup de monde : des enfants de maternelle, des collégiens, des lycéens et des retraités, le plus souvent en couple. Et des guides, qui commentent, expliquent et explicitent...

- Bonjour ! Deux entrées, s'il vous plait...
- Vous avez une réduction ?
- Non ! 
- Vous n'habitez pas à Toulouse ? Ni dans la région ?
- Non ! à Pau.
- Vous avez plus de soixante-cinq ans ?
- Oui !


- Ah ! Vous voyez, vous avez droit à une réduction... Je note quel âge ? C'est pour les statistiques...
- Soixante-quinze...
- Vous avez dit soixante-quinze ?
- Oui... Enfin, soixante-quatorze et soixante-quinze...
- C'est bon, c'est pour les statistiques...

mercredi 11 avril - il était une fois le quarteto gardel

Il était une fois un quartet qui s'était donné pour nom "Quarteto Gardel". Un quartet que nous avons espéré depuis longtemps retrouver en direct live... Un quartet que nous avions en effet découvert lors de sa première prestation dans le cadre de "Jazz sur son 31". Il y a neuf ans. Un concert dont nous avions gardé un souvenir émerveillé. Un concert que nous avons retrouvé ce mercredi 11 avril à la salle Nougaro avec le même enchantement.

Le quartet est composé de Lionel Suarez, accordéon, Vincent Segal, violoncelle , Airelle Besson, trompette et Minino Garay, batterie - percussions. Lionel, c'est la force tranquille, une créativité mélodique qui fabrique de morceau en morceau un monde familier, qui brosse de morceau en morceau un monde de nuances sans esbroufe. On lui fait confiance, on se laisse guider. De Vincent Segal, je retiens la précision et l'humour discret. D'Airelle, je retiens sa retenue, sa précision aussi et son économie de moyens. Trois notes lui suffisent pour affirmer sa présence. Quant à Minino, on le connait. Efficace. Capable de donner à tout instant une couleur particulière, spécifique, à la musique du quartet.

Après donc des années d'attente et de patience, sortie du disque "Quarteto Gardel". On y retrouve tous les morceaux que l'on a plaisir à redécouvrir et quelques autres. Pour l'heure, on prend le tout comme un bonheur. En particulier "Silencio", "Chorinho para Toninho", "Caminitho", "Sus Ojos se Cerraron"... ou encore "Speaking Tango"...

A la fin du concert, plusieurs rappels. On ne s'en lasserait pas. Et puis, avant de se quitter, quelques mots échangés avec Lionel, Airelle et Minino à l'occasion du rituel de signature du disque. On a forcément plaisir à évoquer avec Lionel et Airelle  ce premier concert - il y a neuf ans - dont j'ai parlé plus haut.. 

Ci-dessous, onze photographies prises au cours du concert...

- Tout d'abord, six prises au cours de la même minute, soit à 20h57. La première pour décrire la disposition des quatre "éléments" du quartet.



Celle-ci, pour montrer le matériel de Minino Garay, sa luxuriance... Et aussi pour montrer la différence entre la surabondance de ce matériel d'une part et, d'autre part, la sobriété de celui de Lionel, dont on notera l'allure très classique, si j'ose dire.



Avec les quatre images suivantes, on pourrait presque jouer au jeu des sept erreurs, tant elles se ressemblent. Elles montrent bien la posture de Lionel, cette force tranquille qui émane de lui. Une impression de puissance extraordinaire. Et de maitrise...





- puis trois prises dans la même minute, soit à 21h00. Pour ma part, je trouve impressionnante la présence de Lionel. en tout cas, j'y retrouve bien la fascination que j'éprouve à l'écouter en direct live.




- enfin, une prise à 21h13... Caractéristique de la posture de Vincent Segal et d'Airelle Besson.


- et une dernière prise à 21h38. Parce qu'elle me touche. Lionel dans son monde !

mardi 10 avril 2018

mardi 10 avril - alerte agenda ! "accordéons-nous à trentels"

... reçu hier ce message venu de Trentels ! C'est avec le plus grand plaisir que je le répercute ici. En tout cas, si vous êtes libres au moment du week-end de l'Ascension, n'hésitez pas... Et pour lever toute hésitation, jetez un coup d'œil sur la programmation. Trentels, le festival qui n'a pas peur des gros !

Le printemps est là et, avec l'espoir des beaux jours, les projets de belle musique.
A Trentels c'est dans un mois, au week-end de l'Ascension du 10 au 13 mai :

ACCORDEONS-NOUS A TRENTELS" #15.

Une programmation exceptionnelle et des concerts à ne pas manquer.


Vous trouverez toutes les informations sur les concerts et les stages sur notre site :

http://www.accordeonsnousatrentels.com

Cette année vous pouvez réserver vos places en ligne si vous le souhaitez.


Pour vous mettre l'eau à la bouche, une évocation du programme: quand Michel Macias rencontre Raul Barboza, les Papiers d'Arménies nous chantent l'exil, le duo Bottasso nous arrive tout droit d'Italie, Motion Trio revient à Trentels, directement de Pologne,  et les chanteurs polyphonistes corses A Filetta invitent Paolo Fresu à la trompette et Daniele di Bonaventura au bandonéon.




Association Plein Vent
Maison des Loisirs
Lustrac
47140 TRENTELS
05 53 41 60 05
http://plein-vent.apln-blog.fr/


Garanti sans virus. www.avast.com

dimanche 8 avril 2018

dimanche 8 avril - un certain trio : "dadada saison 3"...

Le rituel est au point. Vendredi, entre midi et deux heures, courses alimentaires et autres à l'hyper. Remplir le caddy, vider le caddy dans le coffre de la voiture, ramener le caddy vide dans la file de ses congénères. L'esprit libre, un coup d'œil aux rayons des bandes dessinées, des polars et des cds... Accordéon ou bandonéon si possible, mais c'est plutôt rare.

Bref - je passe sur nos recherches - au rayon des nouveautés discographiques, un album attire bientôt notre attention. Le titre :"Dadada / saison 3". Sur la couverture, l'image floue d'un trio et trois noms : Roberto Negro (piano), Emile Parisien (saxo soprano), Michele Rabbia (batterie, percussions, electronics). Quelques repères : Roberto Negro / "Sfumato"... Emile Parisien / "Sfumato" / Vincent Peirani...

Sur cette même couverture, une étiquette :"Académie Charles Cros / Coup de cœur".

Au dos, douze titres, composés par Roberto Negro. Et cette mention, qui nous fait chaud au cœur : Label bleu, Amiens, 2017.  Un éditeur mythique ! Assurance qualité !

Pour dire la vérité, c'est une musique surprenante. Plutôt une musique d'avant-garde. Une musique de tâtonnements créatifs et de recherche que l'on pourrait à certains moments qualifier de free jazz. Parfois, l'énergie débridée du trio explose comme un feu d'artifice ; d'autres fois le piano de Roberto Negro s'écoute comme une ballade rêveuse, comme une sorte de méditation.  Volcanique ici ; demi-teinte là.

Mais, je n'en suis qu'au début d'une écoute qui promet bien des surprises. Pour l'heure, les mots me font défaut pour dire au plus juste mes impressions. Par contre, je ne saurais pas mieux dire que l'auteur de l'article ci-dessous. Un détour s'impose pour qui veut avoir quelques idées claires et pertinentes sur la création du trio.

http://www.jazzmagazine.com/jazzlive/oloron-laerologie-de-roberto-negro-trio-dadadaiste/

jeudi 5 avril 2018

jeudi 5 avril - à propos du quarteto gardel...

J'ai dit il y a quelques jours notre satisfaction à la sortie du disque du Quarteto Gardel. Et notre espoir de pouvoir l'écouter en direct live au moins une fois dans notre région. A Toulouse par exemple. Depuis cette sortie tant attendue, nous l'avons maintes fois écouté, maintes fois en boucle. Un vrai bonheur. Avec, à cette heure, une prédilection pour "Silencio" en titre 1, pour "Chorinho para Toninho" en 2, pour "Sus Ojos se Cerraron" en 7 et, un moment rare, "Speaking Tango" en 8... Il faut en effet avoir écouté ce titre pour comprendre... Il faut avoir écouté Minino Garay... Forcément, chemin faisant, au fil d'autres écoutes, nos choix se modifieront. Mais d'ores et déjà on sait qu'on a affaire à un bel album.

Après donc avoir écouté maintes fois les neuf titres de l'album, Françoise et moi, on avait l'intention de dire notre plaisir dans un article de ce blog. Mais, il y a mieux à faire... Je ne vois en effet rien à ajouter, retrancher ou améliorer dans cet article ci-dessous sur le site de New Morning. Sauf à remercier l'auteur de cet article.

http://www.newmorning.com/20180414-3889-Lionel-Suarez.html


"Lionel Suarez réussit le pari de réunir une formation exceptionnelle autour de l'univers de celui qui restera comme le plus grand des chanteurs de Tango : Carlos Gardel.
Une instrumentation originale et la rencontre de quatre personnalités marquantes de la scène musicale française actuelle, qui rafraichissent un répertoire mythique à travers le prisme de leurs parcours singuliers.

Crée en hommage au père du Tango, Carlos Gardel, le quartet dévêt les milongas du célèbre chanteur et compositeur argentin de tout superflu pour leur conférer une couleur nouvelle.

Sans les instruments de prédilection du genre (voix, violon, guitare et piano), le Quarteto Gardel explose les stéréotypes et présente ainsi un tango brut et épuré à l'éclat singulier. Chapeauté par l'accordéoniste Lionel Suarez, le quartet rassemble le violoncelliste français Vincent Segal, le percussionniste Argentin Minino Garay ainsi que la trompettiste, compositrice et cheffe d'orchestre Airelle Besson. 

Ensemble ces superbes artistes rendent hommage à l'oeuvre envoûtante du grand maître du tango argentin."

lundi 2 avril 2018

mardi 3 avril - ce que dit françoise à propos de samuel strouk...

Je découvre à l'instant un texte de Françoise, plein d'admiration (bien fondée) pour Samuel Strouk. Un texte qui, c'est certain, mérite un détour. Un parcours d'écoute de hasard en découvertes et de découvertes en hasard. Où l'on vérifie une fois encore qu'il n'y a pas de hasard. Il n'y a que flair, obstination et expérience.

 http://francoise-rebinguet.blogspot.fr/2018/04/au-hasard-de-lecoute-samuel-strouk.html